Présidentielles : Flag ! interpelle les candidats

By on mars 27, 2017

presidentielles-webL’élection présidentielle française de 2017 aura lieu les dimanches 23 avril et 7 mai

Comme en 2007 et en 2012, Flag ! a décidé d’interroger les 11 des candidats autorisés à concourir à l’élection présidentielle sur les questions intéressant à la fois les personnes lesbiennes, gays, bis et trans et la Police et la Gendarmerie.

Liste des candidats : Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Jean Lassalle, François Fillon, Jacques Cheminade, François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen

Bien entendu, les réponses seront rendues publiques sur le site avant le 1er tour.

Voici les questions proposées :

 

 

QUESTION 1

            L’association Flag ! a signé, respectivement en 2013 et 2016, une convention de moyens avec la Direction Générale de la Police Nationale et la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale permettant à ses membres de poursuivre leurs actions en faveur de la lutte contre toutes les LGBT-phobies, soit toutes les discriminations liées à l’orientation sexuelle(1) et l’identité de genre(2) réelles ou supposées des personnes, et la lutte contre les IST(3) et les MST(4), dont le VIH et le SIDA.

            Poursuivrez-vous le soutien du Ministère de l’Intérieur aux actions de sensibilisation et de prévention menées par Flag ! ?

 

QUESTION 2

            De nombreuses actions ont été réalisées ces dernières années pour sensibiliser les fonctionnaires de police et les militaires de la gendarmerie sur les questions des discriminations en général(5), et celles liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre(6) en particulier, comme la réforme du code de déontologie, la création de la cellule STOP DISCRI, etc…

            Quelles mesures envisageriez-vous pour continuer dans cette voie ?

QUESTION 3

             Flag ! est chargée d’organiser à Paris en 2018 la prochaine conférence de l’European LGBT Police Association (EGPA), rassemblant plus de 200 policiers issus d’une quinzaine de pays européens.

            Dans quelle mesure, si vous étiez élu, et à l’instar des autres pays organisateurs de cette conférence depuis 2004, seriez-vous disposé à ouvrir personnellement les travaux de l’European LGBT Police Association ?

QUESTION 4

           Outre l’éventuel soutien politique, envisageriez-vous de participer financièrement pour aider Flag ! à accueillir les policiers européens à l’occasion de cette conférence ?

QUESTION 5

           Dans le cadre de votre future politique gouvernementale, seriez-vous favorable à la création d’un ministère chargé de garantir et veiller au respect de l’égalité des droits entre les Français et de combattre toutes formes de discriminations ?

QUESTION 6

           Flag ! milite depuis plusieurs années pour la création d’un service dédié à l’accueil des victimes LGBT, une démarche réalisée par plusieurs polices dans le monde visant à apporter une réponse policière et de l’État à la forte réticence historique des lesbiennes, gays, bis et trans à déposer plainte dans les commissariats de police et les unités de gendarmerie(7).

            Si vous étiez élu, soutiendriez-vous cette demande ?

QUESTION 7

           À l’occasion de son assemblée générale annuelle, l’association Flag ! présente le nombre d’actes lesbophobes, homophobes, biphobes et transphobes recensés, à travers les plaintes des victimes, par la police et la gendarmerie nationales. Flag ! milite pour que la présentation de ces chiffres fassent l’objet d’une communication institutionnelle de l’État à l’image des autres actes de discrimination, notamment racistes ou antisémites. Une telle mesure éviterait une hiérarchisation des haines et permettrait de rendre compte de la réalité des LGBT-phobies dans notre pays.

            Seriez-vous favorable à une telle mesure ?

QUESTION 8

            Le nombre de commentaires lesbophobes, homophobes, biphobes et transphobes ou d’incitation à la haine ou de provocation à la discrimination des personnes en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, réelles ou supposées, ne cesse d’augmenter sur les réseaux sociaux. Pourtant, les policiers et gendarmes font face à des blocages récurrents de la part des sociétés, notamment américaines, peu enclines à communiquer les noms des auteurs et dont la notion de liberté d’expression est très différente de la nôtre(8).

            Quelles mesures envisageriez-vous d’adopter pour que la législation et la réglementation françaises sur la liberté d’expression et la protection des personnes s’appliquent pleinement ?

QUESTION 9

            Répondre systématiquement aux victimes signalant des incitations à la haine raciale ou provocation à la discrimination de personnes en raison de leurs origines, de leur sexe, de leur orientation sexuelle et/ou de leur handicap auprès de la Plate-forme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements (PHAROS) est essentiel pour combattre toutes formes de discriminations. Pourtant, il appert que les effectifs dédiés à ce service sont insuffisants pour pouvoir répondre au nombre de signalement effectués chaque semaine(9).

            Considéreriez-vous un renforcement des effectifs de cette unité pour répondre à l’attente des victimes de discriminations ?

QUESTION 10

             La France a subi ces dernières années plusieurs attaques terroristes de grande ampleur, notamment à Paris et à Nice. L’attaque de la discothèque « Le Pulse » à Orlando en Floride, a montré que la population homosexuelle est particulièrement visée par ces terroristes.

            Quelles éventuelles mesures seriez-vous prêt à proposer pour protéger autant qu’il est possible cette population ?

QUESTION 11

           Depuis la condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour avoir refusé de reconnaître la nationalité française à des enfants nés d’une GPA à l’étranger, la circulaire TAUBIRA invite les juges français à reconnaître à ces enfants la nationalité française. Cependant, certains juges persistent à leur refuser ce droit.

            Si vous êtes élu, quelles mesures adopteriez-vous pour faire respecter la circulaire TAUBIRA, la décision de la CEDH et promouvoir l’intérêt supérieur et le bien-être de l’enfant ?

(1) homophobie, lesbophobie et biphobie

(2) transphobie

(3) Infections Sexuellement Transmissibles

(4) Maladies Sexuellement Transmissibles

(5) sexisme, racisme, antisémitisme, islamophobie, christianophobie, etc.

(6) identité sexuelle

(7) Selon une enquête de victimologie menée par l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (F.R.A.) en 2012, seuls 17 % des personnes LGBT ont signalé à la police ou à la gendarmerie les actes de violences homophobes ou transphobes dont elles ont été victimes. En France, seulement 1523 faits étaient recensés par la Police et la Gendarmerie, en total décalage avec le vécu des personnes LGBT dans notre pays.

(8)  Près de la moitié des personnes interrogées en 2012 dans le cadre de l’enquête sur les perceptions et les expériences des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres (LGBT) dans l’Union européenne (UE) ont considéré avoir été victimes de discrimination ou de harcèlement en raison de leur orientation sexuelle au cours de l’année précédant l’enquête. En outre, un quart des personnes interrogées ont été victimes d’agressions ou de menaces de violence au cours des cinq dernières années. Cette proportion passe à 35 % pour les répondants transgenres. Les personnes interrogées signalent rarement les discriminations ou les violences à la police ou à d’autres autorités en pensant notamment que rien ne se produirait, ni ne changerait, si elles les en informaient.

(9) D’après les résultats de l’enquête, les taux de non-signalement sont très élevés parmi les personnes interrogées qui se sont senties personnellement victimes de discrimination ou qui ont déclaré avoir été victimes de violence ou de harcèlement. Dans la plupart des cas, les victimes ne signalent pas ces incidents parce qu’elles estiment que « cela ne changerait rien », ne savent pas comment ni où signaler les incidents, ou ont peur de réactions homophobes ou transphobes de la part des forces de police.

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