Flag ! reçu par Annick GIRARDIN, ministre de la Fonction Publique

By on novembre 16, 2016

20161027 Discriminations lgbtLa ministre de la fonction publique, Annick GIRARDIN recevait le 27 octobre 2016 plusieurs associations de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre pour faire le point sur les situations vécues par les agents de la Fonction Publique et présenter les pistes de réflexions.

Outre la délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme (DILCRA) dont le champ d’action a récemment été élargi à la prévention et à la lutte contre l’homophobie (répondant d’ailleurs à l’une des demandes de Flag!), plusieurs associations professionnelles LGBT (Comin-G, Homoboulot) dont Flag ! étaient présentes à cette réunion.

Le lieu de travail pouvant être propice à la concurrence, à des rivalités professionnelles, toutes les associations présentes ont rappelé les conséquences désastreuses pour la carrière d’un agent victime de discriminations lesbophobe, homophobe, biphobe ou transphobe, précisant que les formes pouvaient être très diverses, entre harcèlement moral et/ou sexuel, disparité  sur les évolutions de carrières et pour le privé, disparité sur les rémunérations ou.

La ministre a rappelé la nécessité d’exemplarité des employeurs de la fonction publique dans la lutte contre toutes les discriminations et l’accompagnement des agents discriminés, tout en soulignant le volontarisme du gouvernement sur le sujet.

Madame GIRARDIN a mis en avant la charte pour la promotion de l’égalité et la lutte contre les discriminations  adoptée en 2013, les priorités interministérielles en terme de formation des agents tout au long de leur vie professionnelle, et les initiatives d’accompagnement des agents discriminés qu’ont mis en œuvre plusieurs ministères depuis 2012.

Chacune des associations ont pu présenter les actions qu’elles avaient soit pu obtenir ces dernières années, soit celles qu’elles souhaiteraient voir le jour pour combattre efficacement les discriminations.

Flag ! a par exemple rappelé les avancées notoires obtenues depuis quelques années au sein de la police et de la gendarmerie nationales, évoquant la refonte du code de déontologie, le soutien du ministère de l’intérieur à notre campagne d’affichage contre l’homophobie, le soutien à l’enquête VIRAGE menée par l’INED, la mise en place de la plateforme STOP DISCRI au sein de la gendarmerie qui devrait être étendue à la police dans les prochains mois. Flag ! s’est également félicité de l’écoute renforcée ces dernières années avec le ministère de l’intérieur, rappelant que toutes ses avancées s’inscrivaient dans le cadre de la signature en 2014 et en 2016 d’une convention de moyens liant notre association avec la Police Nationale et la Gendarmerie Nationale.

Enfin, Flag ! a souligné les nombreuses actions de sensibilisation aux LGBT-phobies dans le cadre de la formation initiale dans les écoles de police et de gendarmerie mais également dans les commissariats et unité de gendarmerie à l’occasion du 17 mai, journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, et le 1er décembre à l’occasion de la journée mondiale contre le SIDA.

Flag ! a rappelé les attentes nombreuses sur la question des personnes trans ou sur la création d’un service d’accueil des victimes LGBT, peu enclines à déposer plainte, redoutant souvent à tort, de ne pas être prises au sérieux ou de faire l’objet de quolibets. La sensibilisation lors des formations initiales des gendarmes doit augmenter. Le film documentaire réalisé par la DGGN sera sur ce point un précieux atout pour accompagner Flag ! dans ses interventions.

Finalement, le constat global souligne un retard important de l’administration française par rapport à de grandes sociétés internationales dont la politique de diversité est bien plus avancée notamment sur les questions LGBT. Si le ministère de l’intérieur n’a pas à rougir par rapport à d’autres ministères, de nombreux points restent à améliorer pour faire évoluer les mentalités comme l’a souligné Alain Parmentier, vice-président.

Ainsi, des associations similaires à Flag !, comme Comin-G au ministère des finances, regrette la timidité de son ministère pour parler d’homophobie, de lesbophobie ou de transphobie. Dans d’autres administrations comme l’Éducation Nationale, le sujet demeure toujours tabou.

Les associations professionnelles ont rappelé les problématiques rencontrés par les personnes trans, la nécessité d’insérer les associations professionnelles LGBT dans les dispositifs de lutte contre les discriminations notamment dans le cadre des formations initiales et continues. Les associations présentes ont donc demandé la création d’un module de formation pour l’ensemble des fonctionnaires dédié à la prévention de la lutte contre les discriminations anti-LGBT et un renforcement des actions de sensibilisation lors du prochain 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.

Enfin, certains ministères ont déjà mis en œuvre les engagements nécessaires en vue d’obtenir le label diversité. Dans ce cadre là, une étude scientifique sera effectuée prochainement pour dresser un état des lieux des discriminations LGBT-phobes au sein de la fonction publique, permettant de compléter le plan d’actions interministériel de la DILCRA sur les LGBTphobies.

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